L’exposition explore les relations qu’entretient le travail avec la part intime de nos existences.

Ce sacerdoce dévorant est-il compatible avec nos aspirations profondes et la quête de bonheur ? L’utopie, l’émotion et le rêve peuvent-ils encore émerger de son cadre balisé ? Face aux pressions du travail contemporain, les artistes esquissent des horizons plus souriants remettant l’humain au centre de ses rouages.

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dates

du 23 juillet 2021
au 27 février 2022

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+33 0(2) 47 66 50 00
reservations@cccod.fr

francis alÿs :

Né en 1959 à Anvers (Belgique). Il vit et travaille à Mexico (Mexique).

Le travail de Francis Alÿs prend souvent la forme d’actions performatives qu’il mène seul ou qu’il conçoit comme de grands événements collectifs et collaboratifs. Il développe aussi une production picturale et dessinée qui n’est pas sans lien avec les thèmes développés dans les performances et qui porte sur les petits faits répétitifs et quotidiens qui façonnent nos existences. Si les performances mettent souvent en scène des actions tantôt absurdes et éprouvantes, tantôt paresseuses et dont l’objectif final semble dérisoire, une importante série de petites peintures s’intéresse quant à elle à la question du sommeil.

« Tout au long de sa pratique, Francis Alÿs oriente sa sensibilité poétique et imaginative distincte vers des préoccupations anthropologiques et géopolitiques centrées sur des observations et des engagements avec la vie quotidienne, que l’artiste lui-même a décrit comme «une sorte d’argument discursif composé d’épisodes, de métaphores ou de paraboles». Ses projets aux multiples facettes, comprenant des actions publiques, des installations, des vidéos, des peintures et des dessins, ont impliqué de parcourir le plus long trajet possible entre des lieux au Mexique et aux États-Unis ; pousser un bloc de glace fondant dans les rues de la ville; commissionner des peintres d’enseignes pour copier ses peintures; filmer ses efforts pour entrer au centre d’une tornade; transporter un pot de peinture qui fuit le long de la frontière contestée entre Israël et la Palestine ; et équiper des centaines de volontaires pour déplacer une dune de sable colossale de dix centimètres. »

extrait de la galerie David Zwirner.
Francis Alÿs est représenté par la galerie David Zwirner, New York/Paris/London.

https://francisalys.com
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florænt audoye :

Né.e en 1985 à Montpellier (France). Florænt Audoye vit et travaille à Paris (France).

C’est par le biais de l’humour que Florænt Audoye bouscule les cadres institutionnels et normatifs qui régissent les corps et les comportements. Le monde du travail et ses rouages administratifs, mais aussi la question du genre sont des sujets privilégiés pour explorer les formes d’aliénation exercées sur les individus. Si sa pratique relève principalement de la performance, Florænt Audoye recourt aussi au dessin ou à la vidéo. Également investi dans des projets chorégraphiques, l’artiste évolue entre les arts visuels et les arts de la scène.

« Ses performances quasi-minimalistes ont le mérite de la juste dose : une posture, un rythme, éventuellement un accessoire… rien d’autre. Les voir laisse place à une beauté épurée, entre évidence et plaisir. Son visage est le décor premier autour duquel il compose un univers dont la dimension esthétique n’est jamais délaissée. Une démarche s’appropriant judicieusement les codes traditionnels de la performance pour un résultat ultra contemporain. »

extrait de Diacritik.

https://www.florentaudoye.fr
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céline berger :

Née en 1973 à Saint-Martin-d’Hères (France). Elle vit et travaille à Cologne (Allemagne).

Céline Berger est devenue artiste après une expérience de douze ans en entreprise en tant qu’ingénieur. À travers la vidéo, la photographie ou la sculpture, elle puise dans cette expérience de terrain pour scruter les nouveaux modes d’organisation du travail. Privilégiant l’observation à la critique, l’artiste ne prend pas partie mais interroge les ambivalences du management contemporain. Si celui-ci mise autant sur l’humain, poursuit-il d’autres objectifs que la croissance et le profit illimités ? Si la culture d’entreprise favorise une ambiance de convivialité, que penser de ce rapprochement croissant entre sphère publique et sphère privée ? Autant de questions parmi celles qui intéressent Céline Berger.
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alain bernardini :

Né en 1960 à Meaux (France). Il vit et travaille à Vitry-sur-Seine (France).

« Il est diplômé de l’université Paris1-Sorbonne Centre Saint-Charles en Arts plastiques option Lettres. Il expose régulièrement depuis 1992, et est professeur associé à l’université Paris 8 Vincennes/Saint-Denis au département Photographie et art contemporain. », extrait de Artsper.

À travers la photographie et la vidéo, Alain Bernardini bouscule la représentation du monde du travail en s’intéressant aux moments où l’on n’y travaille pas. Il met en image les moments de creux tels les temps de pause, d’attente ou de discussions informelles entre collègues, prévus par le droit du travail mais qui ne sont jamais figurés. Négociées et décidées en commun avec les employés sur leur temps et leur lieu de travail, ces images peuvent être saisies sur le vif ou mises en scène dans des postures évoquant parfois le repos, la résistance ou le refus. Dans ces moments de déconnexion qui échappent à la logique productive de l’activité rémunérée, quelque chose d’autre surgit. Le travailleur se réapproprie une singularité qui dépasse son rôle social. En créant le décalage, Alain Bernardini introduit une part de fiction dans le tissu ténu du quotidien et de sa routine, qui résume bien souvent la réalité de l’expérience professionnelle.
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danilo correale :

Né en 1982 à Naples (Italie). Il vit et travaille à Naples (Italie) et à New York (États-Unis).

Danilo Correale, à la fois artiste et chercheur, articule la plus grande partie de ses activités sur les rapports entre vie et travail dans le contexte d’une société néolibérale valorisant l’hyperproductivité.

« Ma pratique peut être considérée comme une enquête sur l’opacité entourant la politique du temps et les systèmes culturels et économiques complexes, le rôle et l’impact de la technologie sur le travail et sur le corps humain. Travail/Loisirs et Sommeil (et éveil éternel dans la post-modernité) sont devenus un sujet central dans mon travail. Articulé à travers plusieurs stratégies de représentation, d’une exploration picturale de la représentation des données à des approches sensorielles et performatives visant à engager le public dans des exercices tels que la lenteur, la paresse, l’épuisement professionnel, l’ennui et d’autres catégories philosophiques de refus décrites comme l’art de « ne rien faire ». Ma tentative méthodologique, fondée sur le réalisme (ou le réalisme capitaliste) vise à déployer ces thèmes à travers une gamme de stratégies et de pratiques et spéculations esthétiques ; tiré à la fois de l’activisme radical et du courant dominant, de la pleine conscience à l’ésotérisme. Mon utilisation de langages alternatifs pour explorer et reconnaître les régimes d’oppression et d’invisibilité vise à problématiser des thèmes culturels centraux sur la vie des communautés et des identités les plus affectées dans le monde hyper-accéléré et globalisé, ce dernier est aussi une tentative d’identifier et de comprendre différentes formes de refus et les possibilités de sortie. La critique de la vie quotidienne, ou des aspects de la vie quotidienne, sert, dans ma pratique, de projet contre-hégémonique pour s’engager dans un exercice phénoménologique d’apprentissage en désapprenant notre présent et nos rôles en tant que sujets autonomes. »

déclaration de l’artiste extraite de son site web.

http://www.danilocorreale.com
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adelita husni bey :

Née en 1985 à Milan (Italie). Elle vit et travaille à New York (États-Unis).

Artiste et chercheuse, Adelita Husni Bey interroge les pouvoirs politique et économique en mettant souvent en scène dans son travail des micro-utopies et des collectivités auto-gérées.

« Adelita Husni-Bey est une artiste et pédagogue intéressée par l’anarco-collectivisme, le théâtre, le droit et les études urbaines. Elle organise des ateliers, produit des publications, des émissions de radio, des archives et des travaux d’exposition axés sur l’utilisation de modèles pédagogiques non compétitifs dans le cadre de l’art contemporain. Travaillant avec des militants, des architectes, des juristes, des écoliers, des poètes de la parole, des acteurs, des urbanistes, des kinésithérapeutes, des athlètes, des enseignants et des étudiants de différents horizons, le travail se concentre sur le déballage de la complexité de la collectivité. Réparer ce qui ne peut jamais être réparé : ce que nous nous devons les uns aux autres. »

extrait du site web de l’artiste.
Adelita Husni Bey est représentée par la galleria Laveronica arte contemporanea, Modica, Italie.

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ariane loze :

Née en 1988 en Belgique. Elle vit et travaille à Bruxelles (Belgique).

Essentiellement à travers la vidéo et la performance, Ariane Loze décortique les mécanismes du monde du travail – notamment sa propre position en tant qu’artiste – et la façon dont il déteint parfois sur nos vies personnelles. Le travail et l’entreprise sont symbolisés par différents personnages, parfois récurrents et tous joués par l’artiste, qui distillent d’une vidéo à l’autre une critique des inégalités sociales et mettent aussi en lumière une forme de démission citoyenne. Certains de ces personnages archétypaux illustrent aussi la perte de sens ressentie par les individus au sein d’une société néolibérale où la rentabilité compte plus que les êtres eux-mêmes.

Avec un jeu de rappels narratifs subtils et très bien orchestrés, les vidéos, se répondant les unes les autres, insinuent chez le spectateur le sentiment de l’imminence d’une catastrophe ou d’un effondrement – qui ne sont pourtant jamais énoncés de front.

Ariane Loze est représentée par la galerie Michelrein, Paris / Bruxelles.

http://www.arianeloze.com
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leonard qylafi :

Né en 1980 en Albanie. Il vit et travaille à Tirana (Albanie).

Leonard Qylafi construit son œuvre à la confluence de divers matériaux et pratiques : archives, documents, vidéo, photographie, peinture et musique. S’intéressant en particulier à la mémoire collective et au traitement des images, il fait apparaître les décalages entre des récits nationaux plus ou moins fictionnels et la réalité politique et sociale albanaise, celle de Tirana en particulier, ville dans laquelle il vit et travaille.

« Profondément liées à l’expérience personnelle, les œuvres de Leonard sont un processus de recherche et de médiation entre les sujets et les médiums. En utilisant ses connaissances et ses compétences, l’artiste produit de nouveaux récits en élaborant à la fois l’esthétique et le contenu des sujets qu’il utilise comme matériau de base pour ses projets. Leonard est activement présent sur la scène artistique locale et internationale depuis l’obtention de son diplôme. Il a représenté l’Albanie à la 57e édition de la Biennale de Venise (2017) »

extrait de Harabel.

http://www.leonardqylafi.com
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romana schmalisch & robert schlicht :

Nés à Berlin (Allemagne) respectivement en 1974 et 1975. Ils vivent et travaillent en Allemagne.

Artistes et réalisateurs, Romana Schmalisch et Robert Schlicht collaborent régulièrement depuis 2004 sur des projets qui conjuguent recherche théorique et cinéma. Ils interrogent les tensions liées à l’évolution des contextes sociaux, plus particulièrement dans le monde du travail.

« Romana Schmalisch a étudié les beaux-arts à l’Université des Arts de Berlin. Elle a été artiste en résidence dans de nombreuses institutions dont la Jan Van Eyck Academy à Maastricht, le Studio Voltaire à Londres et les Laboratoires d’Aubervilliers. Robert Schlicht a étudié la philosophie à la Humboldt-Universität zu Berlin. Ensemble, Schmalisch et Schlicht travaillent à l’interface du film et de la théorie pour comprendre comment les processus historiques et les structures sociétales peuvent être reproduits dans le film. Les thèmes du travail dans les sociétés capitalistes sont au centre de leurs expositions, séries de performances et films. Leurs recherches les ont conduits dans des lieux comme les agences pour l’emploi et les centres de formation. »

extrait de Haus der Kulturen der Welt.

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louise siffert :

Née en 1988 à Strasbourg (France). Elle vit et travaille à Paris (France).

La performance est au cœur du travail de Louise Siffert. Ses mises en scène théâtrales et burlesques interrogent les formes d’aliénation contemporaines et leurs remèdes supposés : le monde du travail et du management, les théories du coaching et du développement personnel ou la place des habitudes font partie de ses univers de prédilection, dont elle parodie le langage et les codes visuels.

« Louise Siffert se forme à la scénographie avant d’intégrer l’École nationale supérieure des beaux-arts à Paris. Elle est membre de DOC, espace artistique autogéré. Utilisant essentiellement la performance, à laquelle elle ajoute la parole, Louise Siffert crée des récits sur des enjeux très contemporains. Monde du travail et aliénation, recherche du bien-être, place des habitudes : les performances de Louise Siffert interrogent et mettent en relation ces thématiques actuelles dans des mises en scène théâtrales et burlesques. Ancrant son travail dans des réflexions scientifiques et sociologiques, elle crée des personnages aux caractères exacerbés, surexploitant les codes de langage et de comportement qui leur sont attribués. »

extrait du BBB centre d’art.

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cally spooner :

Née en 1983 à Londres (Angleterre). Elle vit et travaille à Athènes (Grèce).

Cally Spooner fonde sa création sur son intérêt pour l’écriture. Elle produit des pièces de théâtre et des courts textes dénués d’intrigue, des monologues qui tournent en boucle, des comédies musicales et des arrangements sonores qui lui permettent de mettre en scène les mouvements et les comportements du langage lui-même.

« Son travail consiste en des installations, l’écriture de pièces et essais, de romans et de performances tels que des émissions de radio, des jeux et une comédie musicale, qui abordent les questions d’organisation et de dépossession de ce qui est vivant. Elle utilise souvent les répétitions, ou la forme épisodique, comme un moyen et une fin en soi. »

extrait de GB Agency.

http://www.callyspooner.com
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mladen stilinović :

Né en 1947 à Belgrade (Serbie) et décédé en 2016 à Pula (Croatie). Il a vécu et travaillé à Zagreb (Croatie).

Mladen Stilinović est l’un des principaux représentant de la mouvance conceptuelle yougoslave née dans les années 1970. Son œuvre mêle textes et symboles, dans une démarche critique visant à vider les signes de toute idéologie, et particulièrement de ceux qui étaient à l’œuvre à l’époque du socialisme. Depuis l’effondrement de la Yougoslavie fédérale, son travail s’est porté sur les grands mythes contemporains comme l’argent, le temps, le travail, le langage ou le pouvoir.

Pour Mladen Stilinović, l’art ne réside pas dans le « faire » mais bien davantage dans une certaine manière « d’être ». Remettant en cause la productivité de l’artiste liée à l’économie marchande, il opte pour la paresse. Une paresse active et positive, propice au décloisonnement mental, au renouvellement du regard et de la pensée.

https://mladenstilinovic.com
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pilvi takala :

Née en 1981 à Helsinki (Finlande). Elle vit et travaille à Berlin (Allemagne) et Helsinki (Finlande).

À travers des interventions performatives pratiquées dans différents contextes, Pilvi Takala met en question les structures sociales et les règles normatives ou implicites qui flèchent nos attitudes. Elle intervient souvent au sein d’entreprises comme dans son œuvre The Trainee, mettant en scène une stagiaire qui ne travaille pas, suscitant l’incompréhension de ses collègues.

« Dans nombre de ses projets, Pilvi Takala se pose en agent provocateur artistique. Elle filme ses interventions infiltrées – souvent en caméra cachée – afin de capturer la façon dont elles perturbent le status quo et défient les codes de comportement établis. Dans Wallflower (2006), par exemple, elle participe à un thé dansant où elle est la seule personne âgée de moins de soixante ans, beaucoup trop habillée dans une robe de bal en satin, assise au bord de la piste de danse et ignorée presque jusqu’à la fin du bal, mais causant un certaine gène par sa présence incongrue. Dans un autre projet, elle déambule dans une rue commerçante bondée avec un sac plastique transparent plein d’argent liquide, capturant les réactions que cela provoquait (Bag lady, 2006). Plus récemment, elle a commencé à créer des projets collaboratifs impliquant la prise de décision partagée, avec un petit groupe d’enfant comme avec la société toute entière. »

extrait de Les ateliers de Rennes.
Pilvi Takala est représentée par la galerie Helsinki contemporary, Finlande.

https://pilvitakala.com
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thomas tudoux :

Né en 1985 à Barbezieux (France). Il vit et travaille à Rennes (France).

Très concerné par les sujets de société, Thomas Tudoux en fait la matière de son travail, se tournant ainsi souvent vers des pratiques collaboratives impliquant la participation de citoyens.

« Thomas Tudoux est un jeune artiste dont la pratique propose une approche critique et grinçante des servitudes volontaires dans lesquelles nous nous tenons au quotidien, aidés en cela par nos outils techniques. Il met en place des procédures d’évaluation absurdes pour les conjurer, s’attaquant avec une persévérance toute sisyphienne aux mécanismes de l’action, par peur de l’inaction peut-être, ou au contraire d’un activisme déplacé ou inutile. Ses listes, ses séries de notes et ses instructions sont autant de repères auxquels se raccrocher face à la menace du chaos et la perte totale de sens et des valeurs, face à l’incertitude de ce qui vient.

Thomas Tudoux développe une démarche qui conjugue une certaine simplicité, un prosaïsme lié à la vie de tous les jours et à ses névroses, et une pertinence de propos en phase avec la période de désorientation générale que nous vivons. Il interroge la nécessité de rester dans l’action, dans le faire, sans aucun moralisme et sans nous apporter de réponse quant à ce que nous devons entreprendre pour survivre et pour retrouver du sens dans nos existences. »

extrait du Cnap.

https://www.thomastudoux.fr
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L’exposition explore les relations qu’entretient le travail avec la part intime de nos existences.

Ce sacerdoce dévorant est-il compatible avec nos aspirations profondes et la quête de bonheur ? L’utopie, l’émotion et le rêve peuvent-ils encore émerger de son cadre balisé ? Face aux pressions du travail contemporain, les artistes esquissent des horizons plus souriants remettant l’humain au centre de ses rouages.

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